WSOP 2026 : le Main Event des WSOP recule pour la deuxieme annee d’affilee
Le Main Event 2026 en chiffres
WSOP 2026 : une quatrième couronne à 10 millions, mais un field qui recule
Que l’on ne s’y trompe pas, 9 208 joueurs à 10 000 $ le ticket d’entrée, cela reste un monstre. Le prize pool grimpe à 85,6 millions de dollars, dont 10 millions pour le futur champion, 6 millions pour le finaliste malheureux et au moins 1 million pour chacun des neuf joueurs de la table finale. Les 1 382 premiers repartiront avec un chèque, le minimum étant fixé à 15 000 $.
Reste que la trajectoire interpelle. Après un record absolu de 10 112 entrants en 2024, année du sacre de Jonathan Tamayo, et 9 735 joueurs en 2025, l’épreuve enchaîne une deuxième baisse. Le Main Event, qui avait dépassé les 10 000 inscrits en 2023 puis en 2024, est repassé sous cette barre symbolique, tout en restant au-dessus des 9 000 joueurs pour la quatrième année d’affilée. « Nous sommes fiers de la constance que représente ce nombre d’inscrits », a tempéré Ty Stewart, le patron des WSOP. Le repli n’a surpris personne : sur la plateforme de marchés prédictifs Kalshi, la probabilité d’un field supérieur à 10 000 joueurs, encore donnée autour de 35 % en amont du tournoi, s’est effondrée jusqu’à 4 %.
Comme le détaillent nos confrères des Enjeux, trois facteurs de fond expliquent ce reflux, à commencer par la fiscalité.
La fiscalité américaine, premier caillou dans la chaussure des pros
Glissée dans le One Big Beautiful Bill Act voté à l’été 2025, une disposition plafonne depuis janvier 2026 la déduction des pertes de jeu à 90 %, contre 100 % auparavant. Traduction : un joueur peut désormais être imposé sur des gains qu’il n’a jamais réellement encaissés.
L’onde de choc est réelle. Le membre du Hall of Fame Erik Seidel, dix bracelets au compteur, a annoncé se mettre en semi-retraite. Daniel Negreanu, lui, évoque « beaucoup d’incertitude » chez les joueurs. Deux propositions de loi, le FAIR BET Act et le FULL HOUSE bill, cherchent à faire sauter ce verrou fiscal, sans succès pour l’instant.
Visas, ICE et coût de la vie : les internationaux hésitent
Deuxième front, l’international. Selon PokerScout, qui a comparé huit événements 2026 à leurs équivalents de 2023, l’affluence étrangère recule nettement. En cause, le durcissement de la politique migratoire américaine et la présence accrue des services d’immigration aux frontières. Plusieurs habitués auraient renoncé au voyage, jugeant trop élevé le risque d’être refoulés à l’aéroport. À cela s’ajoutent, côté intérieur, un coût de la vie qui décourage une partie des joueurs récréatifs, et un bitcoin en chute de près de 50 % sur un an, qui a rogné les bankrolls d’un milieu friand de cryptomonnaies.
Le mirage de la Coupe du monde n'a pas dopé le WSOP 2026
On attendait un afflux de touristes dopé par la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis. L’effet ne s’est pas matérialisé. Le Main Event a démarré le week-end du 4 juillet, quand le tournoi de football entrait tout juste en huitièmes de finale, et Las Vegas n’est pas ville hôte : la cité la plus proche à accueillir des matchs est Los Angeles. La finale, elle, se joue le 19 juillet. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer les supporters déserter les stades pour les tables de poker.
La table finale sera constituée le 13 juillet, avant de se disputer du 3 au 5 août à Las Vegas, diffusée sur ESPN dans un format différé qui ressuscite l’ère des « November Nine ».
Et en France, où joue-t-on le plus au poker ?
De ce côté de l’Atlantique, le tableau est plus serein. Le poker en ligne continue d’attirer les joueurs français, portés par un marché régulé et des opérateurs agréés par l’ANJ. Nous avons d’ailleurs passé au crible les données de Data Gouv pour cartographier ces régions où l’on joue le plus au poker en France : de quoi mesurer que, loin des remous de Las Vegas, la passion de l’Hexagone pour le tapis vert ne faiblit pas.










