120 000 gagnants Powerball en une nuit : le Royaume-Uni réussit son entrée avec une forte participation
Personne ne les attendait à cette table. Depuis le 21 juillet, les joueurs britanniques peuvent acheter des grilles Powerball : c’est la première fois en 34 ans que la loterie américaine s’ouvre au-delà de ses frontières. Deux tirages plus tard, le verdict est net : les Britanniques ont répondu présent, plutôt massivement. Avec 633 millions de dollars en jeu ce lundi 27 juillet, la question devient sérieuse. Un joueur de Manchester ou de Glasgow peut-il rafler la plus grosse cagnotte de l’année ?
Le Powerball britannique n'est pas tout à fait le jeu américain
Le principe reste identique de part et d’autre de l’Atlantique. Cinq numéros de 1 à 69, un Powerball de 1 à 26, trois tirages par semaine les lundi, mercredi et samedi depuis le studio de Tallahassee, en Floride. Les résultats tombent vers 4 h du matin heure de Londres, les ventes se clôturant à 23 h 55 la veille. Surtout, le jackpot est commun : une grille achetée à Liverpool alimente la même cagnotte qu’une grille validée en Californie.
Pour le reste, Allwyn, l’opérateur de la National Lottery, a dessiné une version maison. Le prix d’abord : 4 £ la ligne, contre 2 dollars aux États-Unis, soit environ 1,50 £. C’est tout simplement la grille la plus chère du marché britannique, devant les 2,50 £ de l’EuroMillions. En contrepartie, les joueurs bénéficient d’un dixième rang de gains absent du jeu américain, le « Match 2 », qui rapporte 8 £ fixes pour deux numéros principaux trouvés. Résultat, la probabilité de repartir avec un lot grimpe à 1 sur 14, là où les Américains restent à 1 sur 24.
Deux nuances comptent pour le gros lot. Le deuxième rang est forfaitaire, fixé à 1 million de livres pour un gagnant britannique. Et en cas de jackpot, pas d’option cash : le lot est versé en rente, sur trente annuités. Les options Power Play et Double Play, elles, ne sont pas commercialisées outre-Manche.
Powerball britannique et Powerball américain
Le même tirage, deux versions du jeu
La probabilité de décrocher le jackpot, elle, reste rigoureusement identique dans les deux pays : 1 sur 292 201 338.
Deux tirages tests, une participation qui surprend
Le premier rendez-vous, celui du mercredi 22 juillet, a produit 87 698 gagnants britanniques. Le plus chanceux d’entre eux avait trouvé quatre numéros principaux plus le Powerball, pour 70 188 £. Trois jours plus tard, au tirage du samedi 25 juillet, le compteur grimpait à 120 412 gagnants, soit une progression de 37 % d’un tirage à l’autre.
Ces chiffres autorisent une estimation. En appliquant la probabilité officielle de 1 sur 14, notre rédaction évalue la participation britannique à environ 1,2 million de grilles mercredi et 1,7 million samedi. À titre de comparaison, le tirage EuroMillions du vendredi 24 juillet a produit plus de 470 000 gagnants britanniques : le Powerball reste donc loin du volume de la loterie européenne. Mais pour un lancement, au tarif le plus élevé du marché, l’accueil n’a rien d’anecdotique.
Les deux premiers tirages britanniques
Aux États-Unis, l'ouverture ne fait pas l'unanimité
L’annonce n’a pas été accueillie partout avec le même enthousiasme. Une partie des joueurs américains s’agace à l’idée de voir une cagnotte alimentée depuis des décennies par leurs mises filer de l’autre côté de l’Atlantique. L’argument revient avec insistance, un gagnant britannique ne paierait aucun impôt sur ses gains, le Royaume-Uni exonérant les jeux de hasard. Des élus de l’Idaho avaient d’ailleurs formulé des réserves dès l’annonce du projet, au printemps.
Le consortium MUSL, qui pilote le jeu, tient une ligne simple, les probabilités ne bougent pas. Une base de joueurs plus large signifie davantage de contributions au jackpot, pas des chances différentes. Plus de la moitié de chaque mise reste par ailleurs dans la juridiction où le ticket a été vendu. Demeure un effet mécanique que personne ne conteste : plus de grilles en circulation font grimper le jackpot plus vite, mais augmentent aussi la probabilité qu’il tombe avant d’atteindre des sommets.
633 millions ce lundi : un Britannique peut-il rafler la mise ?
Le troisième tirage ouvert aux Britanniques a lieu cette nuit, à 22 h 59 heure de la côte Est, soit 4 h 59 du matin en France. La cagnotte a franchi les 600 millions de dollars samedi et n’a plus été remportée depuis sa remise en jeu du 4 mai. Si la dynamique se confirme, la participation outre-Manche devrait encore progresser : l’effet nouveauté se double cette fois d’un montant historique.
Rien ne garantit pour autant un vainqueur britannique. Chaque grille, qu’elle soit achetée à Londres ou à Los Angeles, affronte la même probabilité de 1 sur 292 201 338. Retrouvez le détail du tirage de ce soir dans notre article consacré au jackpot de 633 millions de dollars.










