Lotto 6/49 : Il gagne 46 millions de dollars et rembourse le crédit immobilier de son ex-femme
Il pensait avoir décroché 46 000 dollars. Il a fallu que la caissière recompte les zéros pour lui révéler l’ampleur véritable du coup de fortune. Earl Giesbrecht, semi-retraité établi à Whitemouth, une bourgade rurale de moins de 2 000 habitants située à un peu plus de 100 kilomètres à l’est de Winnipeg, venait en réalité de gagner 46 millions de dollars canadiens, soit environ 28,5 millions d’euros. Son billet avait été désigné lors du tirage Boule d’or du Lotto 6/49 du 16 mai 2026. Jamais ce jeu n’avait distribué un gain aussi imposant dans la province du Manitoba.
Pourtant, ce n’est pas la somme vertigineuse qui a aimanté les médias canadiens, puis américains. Lors de la remise de son chèque par la Western Canada Lottery Corporation (WCLC), le 4 juin à Winnipeg, le gagnant a dévoilé sa toute première priorité : solder le prêt immobilier de son ex-femme.
Le gain en 30 secondes
Un gain record pour le Manitoba au Lotto 6/49, mais le record absolu de la province reste détenu par le Lotto Max.
Un billet vérifié par curiosité, un choc à 46 millions
Tout débute par un geste des plus ordinaires. Earl Giesbrecht ne comptait même pas vérifier ses billets ce jour-là. Habitué à acheter quelques grilles chaque semaine sans nourrir d’illusions démesurées, il n’avait encore jamais gagné plus de 1 200 dollars, comme il l’a raconté à la presse canadienne. C’est seulement après avoir appris qu’un billet gagnant avait été vendu quelque part au Manitoba qu’il s’est résolu à faire contrôler les siens.
« Je ne savais pas que j’avais gagné, mais j’ai vu que quelqu’un au Manitoba avait gagné, alors j’ai voulu vérifier mon billet », a-t-il expliqué aux équipes de la WCLC. Ses premiers tickets ne donnent rien, puis une participation gratuite. Et enfin l’écran s’affole.
« Au début, je croyais que c’était 46 000 dollars ! Quand j’ai commencé à compter les zéros, la caissière m’a dit : en fait, c’est 46 millions. »
Beaucoup de gagnants crient, sautent, embrassent le buraliste. Lui est resté cloué sur place, incapable de bouger. « J’ai cru que j’allais faire une crise cardiaque », a-t-il confié. « J’ai dû appeler mon frère pour qu’il vienne s’asseoir avec moi dans le magasin. Je ne pensais même pas pouvoir rentrer chez moi en voiture. » Le billet avait été validé chez First Stop Grocers, au 115 Railway Avenue, l’épicerie du village.
Dans une localité de cette taille, l’anonymat n’a pas tenu longtemps. « Je crois que toute la ville sait déjà que j’ai gagné », a-t-il glissé en riant au moment de récupérer son chèque. « La nouvelle se répand vite ! » Un détail achève de rendre la coïncidence savoureuse : le tirage du 16 mai s’est tenu le jour même du mariage de son fils.
Une maison, des voitures pour ses enfants, et le crédit de son ex-femme
Interrogé sur ses projets, Earl Giesbrecht a d’abord évoqué l’essentiel : un toit et sa famille. « Je veux acheter une maison, et ensuite j’aiderai mes enfants », a-t-il déclaré. Ses enfants et ses beaux-enfants choisiront chacun un véhicule neuf, et il espère que l’argent profitera jusqu’à ses petits-enfants et aux générations suivantes.
Puis vient la phrase qui a fait la une jusqu’en France.
« Je vais aussi rembourser le prêt immobilier de mon ex-femme. Nous avons été ensemble pendant de nombreuses années et nous sommes toujours en contact. »
Rien ne l’y obligeait. Une séparation solde en principe les comptes, et le droit canadien n’a évidemment rien à dire sur un gain de loterie postérieur à un divorce. Le geste relève d’un choix strictement personnel : celui d’étendre le bénéfice de la cagnotte à l’ensemble d’un cercle familial, ex-conjointe comprise, plutôt que de le refermer sur soi.
La générosité ne s’arrête pas au cercle familial. Devant les journalistes, le nouveau multimillionnaire a annoncé vouloir financer le camion-citerne dont manque le service d’incendie de Whitemouth. Avec une seule condition, posée en souriant : que les pompiers le baptisent « Big E ».
Natif de l’est du Manitoba, Earl Giesbrecht avait quitté la région pour travailler une quarantaine d’années dans le nord de la province avant de revenir s’installer à Whitemouth en décembre dernier. Il se décrit aujourd’hui comme semi-retraité, et réfléchit à franchir le pas. « Je n’ai pas beaucoup de projets, car je n’ai jamais eu autant d’argent », a-t-il reconnu. « C’est fantastique ! C’est incroyable ! Je suis aux anges ! » Il a déjà pris contact avec sa banque pour organiser la gestion de la majeure partie de la somme.
Comment fonctionne le Lotto 6/49 et son tirage Boule d'or
Pour comprendre ce gain, il faut comprendre un jeu qui n’a pas d’équivalent exact en France. Lancé en 1982, le Lotto 6/49 est l’une des grandes loteries nationales canadiennes. Il a été profondément remanié à partir du tirage du 14 septembre 2022, avec l’apparition d’un second tirage, dit de la Boule d’or, qui a pris la place du gros lot principal.
Le mécanisme de la Boule d'or, étape par étape
La mécanique se joue donc en deux temps, et c’est là que le cas d’Earl Giesbrecht devient intéressant. Son numéro, le 24182524-02, a d’abord été tiré au sort parmi l’ensemble des sélections Boule d’or émises pour ce tirage. À ce stade, il était déjà certain de gagner : au minimum 1 million de dollars. Restait à savoir laquelle des boules du boulier allait sortir.
Le tirage du 16 mai 2026 en chiffres
Voici les numéros sortis lors du tirage Classique du samedi 16 mai 2026, ainsi que le numéro de la Boule d’or victorieuse.
Le tirage Classique, lui, a bien fait deux gagnants au rang 1, qui se sont partagé le gros lot fixe de 5 millions de dollars, à raison de 2,5 millions chacun. Un billet a été validé en Ontario, l’autre dans les Prairies, comme celui de la Boule d’or. Au total, ce tirage a distribué 673 943 lots, participations gratuites comprises.
Les rapports du tirage Classique du 16 mai 2026
Répartition pancanadienne des gains
Rapports officiels publiés par Loto-Québec pour le tirage pancanadien du 16 mai 2026. Montants en dollars canadiens.
Un record pour le Lotto 6/49, pas le record absolu du Manitoba
Attention à la formulation, car plusieurs reprises de l’information l’ont raccourcie. Les 46 millions d’Earl Giesbrecht constituent le plus gros gain jamais enregistré au Lotto 6/49 dans la province : le précédent record datait presque jour pour jour de cinq ans, avec 27,5 millions de dollars remportés au tirage du 12 mai 2021.
Le record absolu de la province, toutes loteries confondues, reste en revanche détenu par le Lotto Max. En janvier 2021, la famille Chua, de Winnipeg, avait empoché 60 000 020 dollars sur un billet acheté en ligne, un montant égalé en mars 2023 par un couple winnipégois, Randy et Janice Glays. Avant cela, la presse canadienne recensait un gain de 50 millions au Lotto Max en 2009 et un gain de 27,2 millions au Lotto 6/49 en 2005.
À l’échelle du Canada, enfin, le format Boule d’or a produit plus généreux : 68 millions de dollars pour un billet vendu à Toronto le 27 septembre 2023, un montant qui correspond au plafond mécanique du jeu et qui reste le record absolu de l’histoire du Lotto 6/49.
Où se situe ce gain
Record du Lotto 6/49, tous formats confondus68 M$
Billet vendu à Toronto, tirage du 27 septembre 2023. Il s’agit du plafond maximal du jeu.Record absolu du Manitoba, toutes loteries60 M$
Lotto Max du 22 janvier 2021, remporté par la famille Chua à Winnipeg.Earl Giesbrecht, 16 mai 202646 M$
Record du Lotto 6/49 au Manitoba.Précédent record 6/49 au Manitoba27,5 M$
Tirage du 12 mai 2021.
Ce que 46 millions de dollars canadiens représentent vus de France
Au taux de change de la mi-août 2026, un dollar canadien vaut environ 0,62 euro. Les 46 millions d’Earl Giesbrecht correspondent donc à quelque 28,5 millions d’euros. De quoi le placer, si le gain avait été réalisé en France, juste sous le record historique du Loto, établi à 30 millions d’euros le 4 décembre 2021 par un joueur d’Orgères, en Ille-et-Vilaine. Un record qui tient toujours, alors même que le Loto souffle cette année ses 50 bougies. Le détail des plus grosses cagnottes françaises est à retrouver dans notre classement des plus gros gagnants du Loto en France.
La comparaison s’arrête toutefois aux montants, car les deux jeux ne fonctionnent pas du tout de la même façon. Le Loto français repart d’un jackpot minimum de 2 millions d’euros et laisse la cagnotte grossir de tirage en tirage, sans gagnant garanti. Le Lotto 6/49, lui, verrouille son gros lot Classique à 5 millions de dollars, soit un peu plus de 3 millions d’euros, et garantit chaque mercredi et chaque samedi un millionnaire via la Boule d’or.
Côté fiscalité, les deux pays se rejoignent en revanche largement. L’Agence du revenu du Canada classe les gains de loterie parmi les sommes non imposables, quel qu’en soit le montant : Earl Giesbrecht touchera donc bien 46 millions nets. Comme en France, les gains de loteries ne sont pas imposés, ce sont les revenus générés ensuite par ce capital, intérêts, dividendes ou loyers, qui deviennent imposables. Une nuance qui compte davantage pour un joueur français depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique étant passé à 31,4 %.
Et maintenant ? La Boule d'or est repartie de zéro
Conformément au règlement, le tirage suivant a remis les compteurs à leur point de départ. Dès le 20 mai 2026, la cagnotte Boule d’or affichait de nouveau 10 millions de dollars et le boulier ses 30 boules, soit une chance sur 30 que la Boule d’or soit tirée. Le cycle a depuis été relancé plusieurs fois : à l’approche du tirage du 19 août 2026, la WCLC annonçait un gros lot Boule d’or de 14 millions de dollars et 28 boules restantes.
Quant au gagnant, il n’a pas encore tranché la question de sa retraite complète. Il en rit d’avance, entouré de la famille qu’il vient d’installer à l’abri du besoin : « Ils diront à papa quoi faire et quoi ne pas faire. ».










