Safe Play : le programme jeu responsable de FDJ United passe à l’échelle européenne
Il y a les campagnes publicitaires qui vous promettent un jackpot, et il y a celles qui vous rappellent que le jeu peut faire mal. Depuis le 12 janvier 2026, FDJ United a décidé de regrouper toutes les secondes sous une seule bannière : Safe Play. Un logo, une identité, un discours commun à la loterie FDJ, aux paris sportifs Unibet, aux paris hippiques ZEturf et au réseau ParionsSport. Chez Tirage-Gagnant.com, nous suivons les politiques de jeu responsable des opérateurs français depuis 2013 : voici ce que contient réellement ce programme, ce qu’il change pour les joueurs, et le contexte tendu dans lequel il arrive.
Safe Play en 30 secondes
Un cadre commun à toutes les marques du Groupe, qui arrive alors que le régulateur durcit ses attentes sur la détection du jeu excessif.
Safe Play, un label pour fédérer vingt ans d'actions
Ni une campagne ponctuelle, ni une nouvelle politique : un cadre commun destiné à rendre lisible ce qui existait déjà, marque par marque.
Commençons par lever une ambiguïté, Safe Play n’est pas un nouveau dispositif de protection des joueurs. C’est une identité commune posée sur un ensemble d’actions dont certaines existent depuis plus de vingt ans chez l’opérateur. La nuance a son importance pour comprendre ce que le Groupe annonce, et ce qu’il n’annonce pas.
Le programme a été officialisé le 12 janvier 2026 par un communiqué émis depuis le siège de Boulogne-Billancourt. Il repose sur une identité visuelle unique, symbolisée par une « maison en A » censée évoquer le refuge, la sécurité et le cadre. Le dispositif a été imaginé par l’agence Romance. Sur la page dédiée de FDJ United, le Groupe présente Safe Play comme un véritable label, appelé à fédérer toutes ses actions et communications autour du jeu responsable, et pensé pour durer plutôt que pour occuper l’espace médiatique quelques semaines.
Le dirigeant résume la philosophie du programme d’une formule : « Le jeu d’argent n’est pas une activité comme les autres. » Il rappelle que la pratique reste récréative pour 95 % des joueurs, mais qu’elle peut engendrer des dommages importants pour d’autres, ce qui justifie selon lui une identité unique pour mettre en avant les actions de protection du Groupe.
Cette approche s’inscrit dans la raison d’être que FDJ United s’est donnée : « incarner l’avenir des jeux d’argent et de hasard divertissants et responsables », dans un modèle censé créer des impacts positifs pour la société. Sur le papier, l’opérateur n’est pas en terrain inconnu. Sa politique de jeu responsable détient depuis 2009 la certification de The European Lotteries, l’association des loteries européennes, avec équivalence auprès de la World Lottery Association. Elle a été renouvelée cinq fois depuis, en 2012, 2015, 2018, 2021 puis au début de l’année 2025, avec un niveau de conformité de 100 % et des audits réalisés par l’AFNOR.
Ci-dessous, retrouvez l’une des publicités FDJ United du programme Safe Play.
Les six piliers du programme Safe Play
La charte Safe Play repose sur six engagements, formulés par le Groupe dans son communiqué de lancement et repris sur l’ensemble de ses supports de communication. Ils couvrent toute la chaîne, de la conception des jeux à l’accompagnement des joueurs en difficulté.
Formulés à l'échelle du Groupe, ils s'appliquent à toutes les marques et à tous les marchés où FDJ United opère.
Qui est concerné par Safe Play ?
C’est la principale nouveauté du programme, Safe Play ne s’arrête pas au monopole français de la loterie. Il couvre l’intégralité du portefeuille de FDJ United, un groupe qui revendique 33 millions de joueurs, plus de 5 700 collaborateurs et 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, présent dans une quinzaine de marchés localement régulés.
En France, le paysage a beaucoup bougé en 2026. Depuis le 24 mars, la marque ParionsSport en ligne s’est effacée au profit d’Unibet, devenue la marque unique de paris sportifs et de poker en ligne du Groupe dans l’Hexagone. ParionsSport reste la bannière des paris sportifs en point de vente, ZEturf celle des paris hippiques en ligne. Toutes adoptent progressivement l’identité Safe Play dans leurs communications de jeu responsable.
Les marques FDJ United concernées par Safe Play
Périmètre français
Le Groupe opère également sous d'autres marques sur ses marchés européens. Unibet est présente notamment en Suède, au Danemark et en Roumanie.
Cette unification a une conséquence concrète pour les joueurs, les outils de prévention basculent eux aussi sous un compte unique. Lors de la fusion des plateformes Unibet et ParionsSport en ligne, l’historique de jeu, les paris en cours, le solde et les outils de modération ont été regroupés sur un seul compte joueur.
Une campagne de pub pour parler de prévention
Diffusée dès le 12 janvier 2026 en presse écrite et sur les réseaux sociaux du Groupe, la campagne de lancement a mis en avant trois engagements jugés les plus parlants : l’accompagnement des joueurs vulnérables par des appels téléphoniques dédiés, l’investissement d’au moins 10 % du budget publicitaire dans des campagnes de sensibilisation, et les actions pour faire respecter l’interdiction de jeu des mineurs.
Le paradoxe est assumé, il s’agit de faire de la publicité pour dire aux joueurs de mieux jouer, et parfois de moins jouer. C’est précisément l’objet de la règle des 10 %. Sur cent euros investis par FDJ United dans l’achat d’espace, dix au minimum servent à diffuser un message de prévention plutôt qu’une promesse de gain. À l’échelle des budgets publicitaires du secteur, l’engagement n’a rien d’anecdotique.
Comment Safe Play se matérialise dans les communications du Groupe
Les outils concrets mis à la disposition des joueurs
Un programme d’engagements se juge à ses outils. Voici ceux que FDJ United met à disposition sur ses deux principales plateformes françaises, la page d’accompagnement de FDJ et la page jeu responsable d’Unibet. Ils sont accessibles depuis l’espace personnel, sans avoir à en faire la demande.
Les outils de maîtrise du jeu chez FDJ et Unibet
Accessibles depuis votre compte joueur
Les modalités exactes peuvent différer d'une marque à l'autre. Référez-vous à votre espace personnel.
Côté FDJ, la page d’accompagnement propose également six règles de bon sens, du refus de jouer avant 18 ans à l’arrêt du jeu après une perte, ainsi qu’un exercice de cohérence cardiaque pour redescendre en pression. Côté Unibet, un tableau de bord centralise l’activité de jeu à la semaine, au mois et à l’année, dépenses et gains compris.
À quoi Safe Play répond-il exactement ?
Un programme d’engagements ne naît jamais dans le vide. Safe Play arrive dans un marché français qui atteint des niveaux d’activité inédits, et alors que le régulateur vient de sortir un outil qui change la donne.
En mai 2026, l’Autorité nationale des jeux a présenté les résultats de deux années de travaux sur la détection du jeu problématique. Son algorithme, fondé sur 23 indicateurs et une méthodologie qu’elle a voulue explicable, a identifié au second semestre 2025 près de 600 000 joueurs présentant une forte probabilité d’être excessifs, soit 8,7 % de la population des joueurs sur compte. Parmi eux, 300 000 le sont si manifestement que leur identification par les opérateurs devrait, selon le régulateur, être impérative. Ces joueurs représenteraient à eux seuls une large majorité du produit brut des jeux en ligne.
Le jeu excessif en France, les chiffres du régulateur
L'écart entre les estimations de l'ANJ et les détections déclarées par les opérateurs est le point de tension du secteur.
Le chiffre qui fait mal est celui de l’écart. En 2024, l’ensemble des opérateurs de jeux en ligne avaient identifié 31 000 joueurs excessifs parmi leur clientèle française. En 2025, ils sont passés à 89 000 : un effort réel, une multiplication par trois. Mais l’ANJ, elle, en compte près de sept fois plus. Nous avions détaillé ce constat dans notre article sur les 600 000 joueurs excessifs identifiés par l’ANJ.
Le tableau se complète du côté des mineurs. L’enquête ENJEU-Mineurs 2025, menée par l’association ARPEJ avec le soutien de l’ANJ auprès de 5 000 jeunes de 15 à 17 ans, révèle que 42,6 % d’entre eux ont joué au moins une fois à un jeu d’argent dans l’année, contre 34,8 % en 2021. Une progression de près de huit points malgré l’interdiction légale. Nous avons consacré une analyse complète à cette étude sur la pratique des mineurs.
Enfin, l’OFDT estimait en 2024 à 1 170 000 le nombre de joueurs problématiques en France, dont 360 000 de niveau excessif. Dans son plan stratégique 2024-2026, l’ANJ a fait de la diminution du nombre de joueurs excessifs une priorité centrale, avec un objectif fixé à l’horizon 2027. Entre novembre 2025 et mars 2026, son collège a examiné les plans d’actions « Prévention du jeu excessif ou pathologique et du jeu des mineurs » de l’ensemble des opérateurs et leur a adressé des prescriptions supplémentaires.
La Coupe du Monde 2026, premier vrai examen de passage
Si Safe Play devait être testé quelque part, c’est bien sur une Coupe du Monde de football. Les grandes compétitions internationales provoquent traditionnellement un afflux de nouveaux parieurs et une intensification des pratiques. La présidence de l’ANJ s’était d’ailleurs publiquement interrogée, dans le bilan 2025 du marché, sur ce que produirait le Mondial de l’été 2026.
FDJ United a annoncé fin juin un renforcement de son dispositif pendant toute la compétition, explicitement placé sous la bannière Safe Play :
La mesure la plus intéressante est la limite de pertes rendue obligatoire pour les joueurs à risque élevé. C’est l’un des rares cas où l’opérateur impose un garde-fou plutôt que de le proposer. Reste à savoir si le dispositif sera reconduit une fois la compétition terminée, ou s’il restera un régime d’exception réservé aux périodes de forte exposition médiatique.
Ce que Safe Play apporte, ce qu'il reste à démontrer
Treize ans à couvrir ce secteur invitent à une certaine prudence face aux annonces de jeu responsable. Voici notre lecture, avantages et limites.
Ce que le programme apporte
- Une identité unique qui rend les messages de prévention reconnaissables d’une marque à l’autre
- Des engagements chiffrés et publics, donc vérifiables dans le temps
- Des moyens déjà engagés : 10 millions d’euros sur cinq ans pour le programme Opéra, plus de 25 000 appels sortants en 2025
- Une certification externe auditée par l’AFNOR, détenue depuis 2009 et renouvelée cinq fois
- Des dispositifs renforcés sur les pics d’activité, comme la Coupe du Monde
Ce qui reste à démontrer
- Le programme fédère des actions existantes : à ce stade, il ne crée pas de nouvel engagement chiffré
- L’écart entre les 89 000 joueurs excessifs détectés par l’ensemble des opérateurs en 2025 et les 600 000 estimés par l’ANJ reste immense
- L’efficacité réelle des campagnes de prévention sur les comportements demeure difficile à mesurer
- Un opérateur reste juge et partie : détecter davantage de joueurs excessifs revient à modérer une part importante de son propre chiffre d’affaires
En résumé
Safe Play est une bonne opération de lisibilité, adossée à des moyens réels et à des engagements chiffrés donc vérifiables. Ce n'est pas, en revanche, un tournant dans la politique de prévention du Groupe : le programme met un nom sur ce qui existait déjà. Sa valeur se mesurera dans deux ou trois exercices, quand on pourra comparer le nombre de joueurs excessifs identifiés par FDJ United à l'estimation du régulateur.
Le dernier point n’est pas une accusation, c’est une équation. L’ANJ elle-même la pose, demander aux opérateurs de mieux détecter et de mieux modérer les joueurs excessifs revient, mécaniquement, à leur demander de réduire une part majeure de leurs revenus en ligne. Aucun programme d’engagements volontaires, aussi bien conçu soit-il, ne résout seul cette tension. C’est justement pour cette raison que l’algorithme du régulateur, s’il s’impose, pourrait peser plus lourd que n’importe quelle campagne.
Il faut aussi porter au crédit du Groupe un point rarement relevé : depuis 2023, FDJ United soutient le programme Opéra (Outil de prévention éducationnelle sur les risques des jeux d’argent), développé par l’association ARPEJ, à hauteur de 10 millions d’euros sur cinq ans. Déployé principalement dans des lycées, des structures d’accompagnement social et des clubs sportifs auprès des 16-19 ans, il vise à renforcer les compétences psychosociales des jeunes et à déconstruire les croyances erronées sur le hasard. Entre 2023 et 2025, 45 000 jeunes en ont bénéficié. C’est un investissement de long terme, sans retour commercial, et il mérite d’être cité.
Vous ou un proche rencontrez un problème avec le jeu ?
Quelle que soit la marque sur laquelle vous jouez, des structures gratuites et indépendantes sont à votre écoute. Elles ne dépendent d’aucun opérateur.
Écoute, accompagnement social, juridique, budgétaire ou médical : chaque structure a sa spécialité.
Vos questions sur le programme Safe Play
Qu’est-ce que le programme Safe Play de FDJ United ?
Safe Play est le programme d’engagements en faveur du jeu responsable de FDJ United, lancé le 12 janvier 2026. Il ne s’agit pas d’un nouveau dispositif technique mais d’un label commun, doté d’une identité visuelle unique, qui regroupe l’ensemble des actions de prévention, de détection et d’accompagnement du Groupe sur toutes ses marques et tous ses marchés.
Quelles marques sont concernées par Safe Play ?
Toutes les marques commerciales de FDJ United. En France : FDJ pour la loterie et les jeux de grattage, ParionsSport pour les paris sportifs en point de vente, Unibet pour les paris sportifs et le poker en ligne, et ZEturf pour les paris hippiques. Le programme s’applique également aux marques du Groupe sur ses marchés européens.
Que signifie le logo « maison en A » de Safe Play ?
Le A du mot « Play » est dessiné comme le toit d’une maison. Cette identité, imaginée par l’agence Romance, symbolise selon le Groupe le refuge et la sécurité. Elle a vocation à devenir la signature visuelle de toutes les communications jeu responsable des marques de FDJ United.
Combien FDJ United consacre-t-il à la prévention ?
Le Groupe s’engage à consacrer au moins 10 % de ses budgets publicitaires à des campagnes de sensibilisation. Il finance par ailleurs le programme Opéra de l’association ARPEJ à hauteur de 10 millions d’euros sur cinq ans depuis 2023, et soutient des structures comme SOS Joueurs et Crésus.
Safe Play change-t-il quelque chose concrètement pour les joueurs ?
Les outils restent les mêmes : limites de versement et de mise, alerte de temps, indicateur de risque, test d’auto-évaluation, auto-exclusion de 1 jour à 12 mois. Ce qui change, c’est leur mise en avant. Le Groupe fait le pari qu’une identité unique et répétée facilitera l’appropriation de ces outils par les joueurs, d’une marque à l’autre.
Que reproche l’ANJ aux opérateurs en matière de détection ?
Le régulateur estime à environ 600 000 le nombre de joueurs présentant une forte probabilité d’être excessifs au second semestre 2025, quand les opérateurs n’en ont déclaré que 89 000 sur l’année. L’ANJ juge cet écart incohérent avec la taille du bassin de joueurs et les études de prévalence, et a fait de la réduction du nombre de joueurs excessifs une priorité de son plan stratégique 2024-2026.
Comment se faire aider en cas de problème avec le jeu ?
Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7 de 8h à 2h du matin, appel non surtaxé. SOS Joueurs propose une écoute et une assistance sociale, psychologique et juridique au 09 69 39 55 12. Vous pouvez aussi demander votre interdiction volontaire de jeux auprès de l’ANJ, prononcée pour trois ans minimum.
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