Antoine Jouteau nommé CEO de Banijay : l’ex-patron de Leboncoin va diriger Betclic et Tipico
Un patron de marketplace pour un géant du pari
Le parcours d’Antoine Jouteau ne doit rien aux jeux d’argent. Diplômé de SKEMA Business School et de Paris-Dauphine, il démarre dans les télécoms et l’informatique avant de piloter le marketing digital de PagesJaunes. Puis vient Leboncoin, où il passera près de seize ans : directeur général du groupe en 2015, PDG en 2022 quand la plateforme bascule dans le giron d’Adevinta, dont il prend la tête la même année. Retour aux commandes de Leboncoin en octobre 2024, départ en octobre 2025.
Il préside par ailleurs l’European Tech Alliance, la fédération des grandes entreprises numériques européennes. Un profil de bâtisseur de plateformes, donc, pas de bookmaker. C’est précisément ce que Banijay est allé chercher : le groupe met en avant son expertise de la donnée et de l’intelligence artificielle, qu’il juge complémentaire du savoir-faire déjà installé chez Betclic, Tipico et Admiral.
Un groupe qui a changé de dimension en dix-huit mois : Banijay parmi les meilleurs
La nomination tombe le jour de la publication des résultats semestriels, et ceux-ci expliquent beaucoup. Banijay Gaming pèse désormais 1,21 milliard d’euros de revenus sur six mois, en hausse de 54,3 % grâce à l’intégration de Tipico, et encore de 10,5 % à périmètre et taux de change constants. Les paris sportifs en représentent 943,7 millions, portés par la finale de la Ligue des champions en mai et par une Coupe du monde qui n’a livré qu’une partie de ses effets avant le 30 juin.
Banijay Gaming au premier semestre 2026
Une division devenue le moteur de croissance du groupe Banijay.
Reste le chantier. Le rachat du groupe de casinos JOA, dont la promesse d’achat a été signée début juillet, n’est pas finalisé : il attend les consultations des instances représentatives du personnel et les autorisations réglementaires. S’il aboutit, Banijay Gaming greffera 33 casinos physiques sur un portefeuille jusqu’ici presque intégralement en ligne.
Ce que ça change pour le marché français
Le calendrier est rude. Bet365 s’est lancé en France fin mai, Winamax et Unibet, qui a absorbé ParionsSport en ligne au sein de FDJ United, occupent le haut du pavé, et la fiscalité française sur les paris en ligne reste parmi les plus lourdes d’Europe. Julien Brun, arrivé à la direction générale de Betclic Group en janvier 2026, garde la main sur l’opérationnel français.
Antoine Jouteau, lui, annonce la couleur. La technologie est selon lui « un formidable accélérateur », mais elle ne crée jamais seule un succès durable. Ses premières semaines seront consacrées à rencontrer les équipes européennes, marque par marque. La suite dira si un homme de marketplaces sait faire tourner un bookmaker.

