Partouche : le pari cannois et le club parisien de Partouche rapportent gros, le trimestre bondit de 5,1 %
Le 8 septembre, Groupe Partouche a publié un chiffre d’affaires de 120,3 millions d’euros pour son troisième trimestre (mai à juillet 2026), en hausse de 5,1 % sur un an. Derrière ce chiffre, deux adresses expliquent presque tout : le Partouche Pasino Club ouvert le 12 mai à deux pas de l’Arc de Triomphe, et le Casino Royal Palm de Cannes, revenu au Palm Beach fin 2024 après sept ans d’exil. Pour un groupe qui sortait il y a dix-huit mois d’une année de transition, selon les mots de son président du directoire Fabrice Paire, le retournement est net.
Le 3e trimestre 2026 en quatre chiffres
Paris : 9,2 millions d'euros en un trimestre pour le nouveau Pasino Partouche Club
Le chiffre qui saute aux yeux dans le communiqué du groupe, c’est celui du club parisien : 9,2 millions d’euros de produit brut des jeux entre mai et juillet, contre 0,4 M€ un an plus tôt, quand l’activité se résumait encore aux 300 m² de la rue de Berri. Le déménagement au 10 avenue de la Grande Armée a multiplié la surface de jeu par plus de dix, avec plus de 3 300 m² de tables selon le groupe.
Interrogé par l’AFP, Fabrice Paire juge le démarrage satisfaisant et estime que « la clientèle semble apprécier le lieu et l’offre ». Le dirigeant rappelle aussi que le Pasino Club est le seul club de la capitale capable d’accueillir de grands tournois de poker, et que les demandes de tournois sont nombreuses, de Winamax ou du PMU notamment. L’étape parisienne du WSOP Circuit, qui s’achève ce 14 septembre avenue de la Grande Armée, en donne un premier aperçu. Côté portefeuille, l’immeuble a coûté 68,6 millions d’euros au groupe selon ses comptes 2025, auxquels s’ajoutent les travaux d’aménagement.
Le calendrier politique a aussi joué en faveur de Partouche car la loi de finances promulguée le 20 février 2026 a pérennisé les clubs de jeux parisiens, jusque-là sous statut expérimental depuis 2018. Le groupe a donc ouvert son navire amiral en sachant qu’il pourrait l’exploiter durablement.
Cannes : le Royal Palm sort enfin du rouge
L’autre moteur du trimestre se trouve à la pointe Croisette. Le Casino Royal Palm affiche un PBJ de 4,0 M€, alors qu’il avait terminé le T3 2025 sur un chiffre négatif de 0,2 M€, autrement dit un trimestre où les joueurs avaient gagné plus que la maison. Le communiqué attribue ce redressement à la « restructuration réalisée » dans l’établissement.
Après 7 ans passés dans les locaux du 3.14, le casino cannois de Partouche a rouvert le 2 décembre 2024 dans le Palm Beach rénové, avec 600 m² de jeu et, dixit le groupe, l’une des plus belles offres de tables d’Europe.
La première saison n’a pas tenu ses promesses, dans ses comptes 2025, le groupe reconnaît que le Royal Palm a pesé 3,7 M€ sur son résultat opérationnel courant, parce qu’il « n’a pas encore trouvé la synergie attendue » avec le complexe pendant l’été. Un an plus tard, il rapporte de l’argent, et le groupe exploite désormais aussi le Casino Partouche Cannes 50 Croisette, l’ancien Les Princes, dont il a repris 80 % du capital le 28 février 2025 et dont le réaménagement devait s’achever fin juin 2026. Selon Fabrice Paire, les deux adresses cannoises ont progressé sur le trimestre malgré un mois de juillet compliqué par la canicule.
Le produit brut des jeux, segment par segment
La croissance française repose sur les jeux de table traditionnels, en hausse de 76 % à 28,2 M€. Les machines à sous, qui restent le gros du chiffre, progressent à peine, et les tables électroniques reculent légèrement. À l’international, les travaux du Casino du Lac de Meyrin, près de Genève, coûtent cher : le PBJ des machines à sous y chute de 25,4 %.
PBJ du 3e trimestre 2026
Mai à juillet 2026, en millions d'euros, source Groupe Partouche
Une fois les prélèvements déduits, le produit net des jeux grimpe de 6,9 % à 89,5 M€, un rythme supérieur à celui du PBJ. Le groupe l’explique par un changement d’assiette : depuis le 1er janvier 2026, les crédits promotionnels offerts aux joueurs ne sont plus taxés, ce qui a allégé la facture de 2,1 M€ sur neuf mois. L’activité hors jeux, elle, reste stable à 31,4 M€, avec un repli de 11,3 % de l’hôtellerie.
Partouche : les années de vaches maigres sont-elles terminées ?
Il faut remonter cinq ans en arrière. Sur l’exercice 2020/2021, les casinos du groupe sont restés fermés environ six mois et demi à cause du Covid. Le chiffre d’affaires avait fondu de 25,6 % à 255,7 M€ et la perte nette avait atteint 51,9 M€ en part du groupe, après déjà 17,4 M€ de pertes l’année précédente. Le rebond de 2022 (37,1 M€ de bénéfice) avait ensuite été suivi d’un nouveau trou d’air : en 2023/2024, les chantiers simultanés de La Tour-de-Salvagny, Saint-Amand-les-Eaux, Divonne, Vichy, du 3.14 à Cannes et de Middelkerke en Belgique avaient ramené le résultat net à 4,1 M€, contre 23,4 M€ un an plus tôt. Fabrice Paire parlait alors, auprès de l’AFP, d’« une année de transition ».
L’exercice 2024/2025 a redressé les comptes, avec un chiffre d’affaires de 460,2 M€ (+6 %) et un résultat net de 52,7 M€, gonflé il est vrai par la cession pour 57 M€ de l’immeuble qui abritait l’hôtel 3.14 à Cannes. Retraité de ce coup de pouce et d’une reprise de passif social liée à la période Covid, l’EBITDA avait tout de même progressé de 11,2 %. Au premier semestre 2026, le groupe a confirmé la tendance avec un EBITDA en hausse de 12,1 % une fois retraité d’un effet exceptionnel de 2025, et un Royal Palm déjà contributeur à hauteur de 1,2 M€ de résultat opérationnel courant.
Ce qui reste à surveiller dans le dossier Partouche pour les investisseurs
Si vous souhaitez vous lancer dans l’achat d’action Partouche à la lecture de ces beaux chiffres, attention tout de même car tout n’est pas vert dans le tableau. La dette financière nette est passée de 104,1 M€ à 163,9 M€ en un an, conséquence directe des acquisitions parisienne et cannoise, avec un levier de 2,1 fois l’EBITDA. Le club parisien a démarré avec plus de 200 recrutements selon la presse parisienne, et un résultat opérationnel courant en recul de 0,6 M€ au premier semestre, c’est le prix d’entrée, et le T3 montre que la machine à cash tourne, mais il faudra attendre les comptes annuels de janvier pour connaître sa rentabilité réelle. Le groupe a aussi perdu le casino de Berck-sur-Mer au 1er janvier 2026, dans un contentieux avec la mairie sur la propriété du bâtiment, et fermé l’hôtel Cosmos dans les Vosges.
Un horizon plutôt dégagé chez Partouche et de belles perspectives
Deux ouvertures n’ont pas encore donné leur pleine mesure : le Pasino Club ne compte que deux mois et demi d’activité dans le T3, et le 50 Croisette sort tout juste de travaux. Le casino de Vichy, dont la rénovation complète devait être livrée fin mai 2026, s’ajoute à la liste des établissements remis à neuf, et le groupe a programmé la rénovation de Saint-Amand-les-Eaux et de Forges-les-Eaux pour le début de l’exercice 2026/2027. À Cotonou, Fabrice Paire évoque auprès de l’AFP un modèle qui fonctionne et des sollicitations pour ouvrir d’autres établissements sur le continent africain.
Reste une inconnue réglementaire, favorable celle-là, pour les clubs parisiens, celle de la fin de la phase d’expérimentation ouvre la voie, selon le groupe lui-même, à une autorisation de la roulette dans ces établissements. Pour un club de 100 tables construit autour du poker et des jeux de contrepartie, ce serait un moteur de plus.
Impossible de le cacher, ce trimestre de Partouche a l’allure d’un changement de cycle. Deux adresses de prestige, l’une à Paris, l’autre à Cannes, portent aujourd’hui la croissance d’un réseau de 43 casinos et 4 050 salariés. Le rendez-vous du 8 décembre dira si l’accélération se confirme sur un été complet.
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