Clubs de jeux :la roulette arrive à Paris, le casino d’Enghien face à son avenir
Un décret simple suffit à faire tomber l'exception sur la roulette
Le mécanisme est presque élégant. L’article 14 du décret du 9 mai 2017 fixe la liste des jeux que les clubs parisiens peuvent exploiter : poker, blackjack, punto banco, craps, sic bo, bingo, mais ni roulette ni machines à sous. Et l’article 24 du même décret précise que cette liste peut être modifiée par simple décret, sans passage devant le Conseil d’État. Le procédé a déjà servi le 7 novembre 2022, quand le blackjack, le craps et le sic bo ont rejoint la liste.
D’après les documents consultés par nos confrères, l’arrêté modificatif rendrait applicables aux clubs les règles de roulette déjà écrites pour les casinos dans l’arrêté du 14 mai 2007, et ajouterait ces jeux aux obligations d’affichage. Détail technique lourd de conséquences : une roulette réclame davantage de croupiers qu’une table de poker. Les clubs devront donc recruter et former avant l’automne.
Enghien, un monopole né il y a un siècle
À une quinzaine de kilomètres des Champs-Élysées, le Casino Barrière d’Enghien-les-Bains est le premier établissement de France, en produit brut des jeux comme en fréquentation. Sa position tient à une géographie et à un texte : il est le seul casino d’Île-de-France parce qu’Enghien est la seule station thermale classée de la région.
Enghien-les-Bains, la place forte
Le vrai match se jouera sur les tables de jeux
C’est la nuance qui change tout. Enghien ne joue pas sa survie sur ce dossier, mais ses tables, elles, entrent dans un marché ouvert. Le calendrier n’aide pas, ouvert avenue de la Grande-Armée au printemps 2026 et présenté comme le plus grand établissement parisien, le Partouche Pasino Club enchaîne déjà les festivals de poker, avec 707 entrées sur l’Unibet Poker Series de juillet.
Ironie du dossier, le groupe Barrière joue des deux côtés du périphérique : il exploite à la fois Enghien et le Club Barrière Paris. L’arrivée de la roulette dans la capitale relève donc autant de l’arbitrage interne que de la concurrence frontale.
Un dossier encore ouvert, mais le sujet de la roulette avance vite
Rien n’est signé. Le 14 juillet 2026, le député Emmanuel Duplessy a adressé au ministre de l’Intérieur une question écrite demandant quelles études d’impact ont été conduites en matière de santé publique, de prévention des addictions, d’ordre public et de lutte contre le blanchiment. Il y pointe également les conséquences économiques pour les casinos situés à proximité de Paris. La réponse du ministère n’est pas encore publiée.
Reste le calendrier évoqué par le Service central des courses et jeux : l’automne pour les premières autorisations. Si le tempo tient, la bille tournera à Paris avant la fin de l’année. Et pour la première fois depuis 1931, Enghien devra partager les tables du bassin parisien.










