MFL, le Football Manager sur blockchain né à Paris, entre dans l’expérimentation JONUM
Un récépissé, pas un agrément
Le régime JONUM n’a rien à voir avec celui des paris sportifs. Les sites de paris sportifs doivent obtenir un agrément de l’ANJ avant d’ouvrir. Un éditeur de JONUM dépose une déclaration préalable, et l’ANJ lui remet un récépissé quand le dossier est complet. MFL a envoyé le sien le 3 août 2026 ; 16 jours plus tard, le récépissé était signé.
Le document précise que ce récépissé « ne préjuge pas de la conformité de l’offre » aux dispositions légales. L’ANJ pourra donc contrôler le jeu à tout moment. Le récépissé porte la signature de Pascal Chèvremont, nouveau président de l’Autorité. Celui de Sorare, en avril, avait été signé par Isabelle Falque-Pierrotin.
Le cadre vient de la loi SREN du 21 mai 2024 et du décret du 4 février 2026, qui ouvre une phase pilote de trois ans. CyLimit (cyclisme) a reçu le premier récépissé en mars, Sorare le deuxième en avril pour son offre Sorare Pro.
Un Football Manager où tout est virtuel
MFL, pour Metaverse Football League, est un jeu de gestion de club, les plus ancien amateurs de jeux vidéos se souviendront du jeu « L’entraîneur ». Le joueur devient manager, agent ou propriétaire, recrute, entraîne, fixe ses tactiques et grimpe une pyramide de divisions. Le jeu tourne sur la blockchain Flow et entame sa treizième saison.
La différence avec Sorare est simple, aucun footballeur réel. Chaque joueur de MFL est un personnage généré par le jeu, avec ses attributs, son visage et ses statistiques, sans lien avec un athlète existant. Il n’y a donc ni licence à payer ni résultats du week-end à suivre. C’est ce qui range MFL dans la catégorie « jeu de gestion » du dispositif JONUM, quand CyLimit et Sorare relèvent des fantasy sports.
Les chiffres avancés par l'éditeur : déjà 35 000 joueurs
Mathurin Blouin revendique auprès des Enjeux environ 35 000 comptes créés depuis le lancement et plus de 11 500 clubs détenus par des utilisateurs. La page d’accueil du jeu affiche de son côté plus de 5 000 managers actifs, 1,7 million de matchs joués et 1,5 million de dollars de récompenses versées.
MFL en quatre chiffres (source : éditeur)
Le jeu est payant dès le départ, sans mode gratuit et le ticket d’entrée, une licence de club, coûte entre 60 et 80 dollars. Les joueurs virtuels s’échangent ensuite sur une place de marché, de 1 dollar pour les profils courants à plusieurs milliers pour les plus recherchés. L’éditeur gagne sa vie sur les ventes primaires et sur une commission de 5 % prélevée sur les échanges entre utilisateurs. Aucune récompense en cash : les gains sont versés en monnaie interne, réutilisable pour acheter des joueurs.
La France représente environ 15 % des joueurs, deuxième marché européen derrière le Royaume-Uni. La croissance de 2025 doit beaucoup au youtubeur NepentheZ, plus de 2 millions d’abonnés, qui a présenté le jeu à sa communauté.
Ce qui change pour les joueurs français
Comme Sorare, MFL doit adapter son parcours aux exigences du décret en vérifiant l’identité et l’âge de leurs inscrits via des documents officiels, avoir des limites de dépense et de temps de jeu fixées par le joueur et la possibilité d’une auto-exclusion pour lutter contre l’addiction. Mathurin Blouin annonce un déploiement progressif courant 2027, en dialogue avec l’ANJ. L’interdiction aux mineurs, elle, existait déjà avant le décret.
Trois récépissés en cinq mois : le dispositif avance plus vite que ne le laissait penser le silence des premières semaines. Les gros jeux play-to-earn internationaux, eux, n’ont toujours rien déposé.










