MFL, le Football Manager sur blockchain né à Paris, entre dans l’expérimentation JONUM

Trois mois après Sorare, l'expérimentation des jeux à objets numériques monétisables compte un nouveau nom. Le 19 août 2026, l'Autorité nationale des jeux a délivré à la société Meta Football League le récépissé de déclaration préalable n° 2026-03 pour son offre MFL. La décision est en ligne depuis le 25 août. Le dispositif, lancé en février, passe donc à trois jeux déclarés, on fait le point sur le jeu MFL, nouveau jeu de Football Manager.
MFL, le Football Manager sur blockchain né à Paris, entre dans l’expérimentation JONUM
L'essentiel sur la validation du jeu MFL comme JONUM auprès de l'ANJ
Récépissé ANJ n° 2026-03 délivré le 19 août 2026, publié le 25 août
Déclaration préalable transmise par la société le 3 août 2026
Troisième JONUM déclaré après CyLimit (mars) et Sorare (avril)
Jeu de gestion de club de football sur blockchain, lancé à Paris en 2021

Un récépissé, pas un agrément

Le régime JONUM n’a rien à voir avec celui des paris sportifs. Les sites de paris sportifs doivent obtenir un agrément de l’ANJ avant d’ouvrir. Un éditeur de JONUM dépose une déclaration préalable, et l’ANJ lui remet un récépissé quand le dossier est complet. MFL a envoyé le sien le 3 août 2026 ; 16 jours plus tard, le récépissé était signé.

Le document précise que ce récépissé « ne préjuge pas de la conformité de l’offre » aux dispositions légales. L’ANJ pourra donc contrôler le jeu à tout moment. Le récépissé porte la signature de Pascal Chèvremont, nouveau président de l’Autorité. Celui de Sorare, en avril, avait été signé par Isabelle Falque-Pierrotin.

Le cadre vient de la loi SREN du 21 mai 2024 et du décret du 4 février 2026, qui ouvre une phase pilote de trois ans. CyLimit (cyclisme) a reçu le premier récépissé en mars, Sorare le deuxième en avril pour son offre Sorare Pro.

Un Football Manager où tout est virtuel

MFL, pour Metaverse Football League, est un jeu de gestion de club, les plus ancien amateurs de jeux vidéos se souviendront du jeu « L’entraîneur ». Le joueur devient manager, agent ou propriétaire, recrute, entraîne, fixe ses tactiques et grimpe une pyramide de divisions. Le jeu tourne sur la blockchain Flow et entame sa treizième saison.

La différence avec Sorare est simple, aucun footballeur réel. Chaque joueur de MFL est un personnage généré par le jeu, avec ses attributs, son visage et ses statistiques, sans lien avec un athlète existant. Il n’y a donc ni licence à payer ni résultats du week-end à suivre. C’est ce qui range MFL dans la catégorie « jeu de gestion » du dispositif JONUM, quand CyLimit et Sorare relèvent des fantasy sports.

Deux fondateurs, zéro levée de fonds
MFL a été créé à Paris en 2021 par Mathurin Blouin, ancien responsable produit chez Unibet, et Yann Uzel. Selon les propos rapportés par nos confrères des Enjeux, le studio s’est développé sans investisseur extérieur, quand la plupart des jeux sur blockchain ont démarré avec des dizaines de millions levés.

Les chiffres avancés par l'éditeur : déjà 35 000 joueurs

Mathurin Blouin revendique auprès des Enjeux environ 35 000 comptes créés depuis le lancement et plus de 11 500 clubs détenus par des utilisateurs. La page d’accueil du jeu affiche de son côté plus de 5 000 managers actifs, 1,7 million de matchs joués et 1,5 million de dollars de récompenses versées.

MFL en quatre chiffres (source : éditeur)

35 000
COMPTES
créés depuis 2021
11 500
CLUBS
détenus par des joueurs
1,7 M
MATCHS
joués sur la plateforme
15 %
FRANCE
de la base joueurs

Le jeu est payant dès le départ, sans mode gratuit et le ticket d’entrée, une licence de club, coûte entre 60 et 80 dollars. Les joueurs virtuels s’échangent ensuite sur une place de marché, de 1 dollar pour les profils courants à plusieurs milliers pour les plus recherchés. L’éditeur gagne sa vie sur les ventes primaires et sur une commission de 5 % prélevée sur les échanges entre utilisateurs. Aucune récompense en cash : les gains sont versés en monnaie interne, réutilisable pour acheter des joueurs.

La France représente environ 15 % des joueurs, deuxième marché européen derrière le Royaume-Uni. La croissance de 2025 doit beaucoup au youtubeur NepentheZ, plus de 2 millions d’abonnés, qui a présenté le jeu à sa communauté.

Ce qui change pour les joueurs français

Comme Sorare, MFL doit adapter son parcours aux exigences du décret en vérifiant l’identité et l’âge de leurs inscrits via des documents officiels, avoir des limites de dépense et de temps de jeu fixées par le joueur et la possibilité d’une auto-exclusion pour lutter contre l’addiction. Mathurin Blouin annonce un déploiement progressif courant 2027, en dialogue avec l’ANJ. L’interdiction aux mineurs, elle, existait déjà avant le décret.

Trois récépissés en cinq mois : le dispositif avance plus vite que ne le laissait penser le silence des premières semaines. Les gros jeux play-to-earn internationaux, eux, n’ont toujours rien déposé.

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Simon Richomme

Responsable éditorial pour la section Casino et cofondateur de Tirage-Gagnant.com depuis 2013. Rédacteur et joueur de roulette et de blackjack régulier en casino, il mêle ses compétences techniques avec sa passion du jeu.