Jackpot bonifie FDJ : comment un Super Loto passe de 13 a 18 millions d’euros
Ce que FDJ ajoute, et à quelle condition exactement
Le principe tient en une phrase. C'est le seuil de déclenchement qui mérite d'être lu deux fois.
Un tirage événement du Loto part toujours avec un jackpot minimum garanti : 13 millions d’euros pour un Super Loto, 20 millions pour un Grand Loto. Ce plancher pose un problème quand la cagnotte ordinaire, portée de report en report, est déjà arrivée au même niveau. Jusqu’en 2024, le joueur voyait alors sa super cagnotte se fondre dans le tirage événement sans rien gagner au change, alors que la mise, elle, passait de 2,20 euros à 3 ou 5 euros. Le grief revenait à chaque édition dans nos commentaires et sur les réseaux.
La réponse de FDJ tient dans une clause de bonification. Quand le jackpot du tirage précédent n’est pas remporté et qu’il atteint déjà le seuil du tirage événement, l’opérateur n’applique pas seulement le report habituel d’un million d’euros : il ajoute 5 millions supplémentaires. La cagnotte n’est plus absorbée, elle est majorée.
La bonification en quatre chiffres
La bonification est un montant fixe. Ce n'est ni un pourcentage, ni une enveloppe variable selon la participation.
Le passage de la grille à 3 euros sur un Super Loto, et à 5 euros sur un Grand Loto, reste par ailleurs inchangé. La bonification ne se paie pas par une hausse de mise supplémentaire, elle est prise en charge par l’opérateur.
Pourquoi FDJ annonce « +6 millions » alors que le bonus est de 5
C’est la confusion la plus fréquente, et elle vient de FDJ elle-même. Sur ses pages de résultats, l’opérateur formule la règle ainsi : un montant de 6 millions d’euros est ajouté au jackpot du tirage précédent s’il n’est pas remporté et qu’il atteint le seuil. Six, pas cinq. Le chiffre est exact, mais il additionne deux opérations distinctes.
Comment se construit un jackpot bonifié, étape par étape
19 septembre 2025 : le jour où la règle est sortie du règlement
Un an après son entrée en vigueur, la clause a enfin trouvé son terrain d'application. Voici la séquence complète.
La rentrée 2025 offre le scénario parfait. Le lundi 15 septembre, 11 millions d’euros sont en jeu au Loto et personne ne les décroche. Le mercredi 17 septembre, la cagnotte affiche donc 12 millions d’euros, et résiste une fois de plus. À cet instant précis, le seuil est atteint : le report d’un million allait amener la cagnotte à 13 millions, soit tout juste le plancher du Super Loto du Patrimoine programmé deux jours plus tard.
Le soir du 19 septembre, la communication télévisée avait d’abord annoncé les 13 millions garantis, avant que fdj.fr ne confirme les 18 millions en fin de journée. Un flottement qui en dit long sur la discrétion de cette règle : un an après son entrée en vigueur, elle n’avait encore jamais servi. Chez Tirage-Gagnant.com, nous suivons ces tirages événements depuis 2013, et c’était la première fois qu’un plancher de Super Loto était dépassé par le mécanisme lui-même plutôt que par une décision commerciale ponctuelle.
La soirée n’a pas fait de millionnaire au rang 1, mais elle a beaucoup distribué. Un joueur unique a raté le jackpot d’un seul numéro et empoché 207 012 euros, soit environ deux fois ce que rapporte le même rang 2 sur un tirage à 2,20 euros. Les codes Super Loto, eux, ont ajouté un million d’euros à l’ardoise de la soirée.
Ce que la soirée du 19 septembre 2025 a réellement distribué
L’histoire ne s’arrête pas là, et c’est peut-être le meilleur argument en faveur de la règle. Les 18 millions non remportés sont repartis pour un tour, ont grossi d’un million à chaque tirage, et ont fini par tomber le lundi 29 septembre. Ce soir-là, un père et ses deux filles se sont partagé 23 millions d’euros à Talence, en Gironde. Plus de 7,6 millions chacun, nets d’impôt, et le plus gros gain Loto jamais enregistré dans le département. Sans la bonification, cette cagnotte serait partie de 13 millions et non de 18 : les gagnants de Talence auraient touché 18 millions au lieu de 23.
Une seule bonification sur les six derniers Super Loto
La règle est généreuse sur le papier, mais elle suppose un alignement précis. Il faut qu’une série de tirages classiques résiste juste assez longtemps pour amener la cagnotte au seuil. Un jackpot décroché trop tôt, et le tirage événement repart de son plancher. Dans les faits, le cas de figure reste rare.
Les Super Loto disputés depuis juin 2025
Jackpot réellement mis en jeu et déclenchement de la bonification
Montants relevés par la rédaction Tirage-Gagnant.com à partir des communications FDJ et des rapports officiels. Seuls les procès-verbaux FDJ font foi.
Une bonification sur six tirages, cela donne la mesure du phénomène. Le calendrier joue contre elle : plus les Super Loto sont nombreux dans une année, moins la cagnotte ordinaire a de temps pour grimper entre deux rendez-vous. L’année 2026 et ses six tirages événements en sont une bonne illustration, aucun des trois déjà disputés n’ayant dépassé son plancher.
Le Grand Loto suit la même règle, avec un seuil à 19 millions
Le Grand Loto obéit à la même clause, transposée à son propre plancher. Son jackpot de 20 millions d’euros étant forcément remporté ou partagé le soir même, la mécanique de sortie diffère : si personne ne trouve la combinaison complète, la somme redescend sur les rangs inférieurs au lieu d’être reportée. Mais la condition d’entrée, elle, ne change pas. Si le jackpot du tirage précédent atteint 19 millions d’euros sans être remporté, FDJ ajoute 6 millions au total, report habituel et bonification de 5 millions confondus. Le Grand Loto se joue alors pour 25 millions d’euros.
Le cas ne s’est encore jamais présenté. Les trois Grand Loto disputés depuis juin 2025, celui des Vacances du 4 juillet 2025, celui de Noël du 25 décembre 2025 et celui de l’été du 26 juin 2026, sont tous partis de leur plancher de 20 millions d’euros. Il faudrait dix-huit tirages classiques consécutifs sans grand gagnant, en partant du minimum de 2 millions d’euros, pour voir la barre des 19 millions franchie à la veille d’un Grand Loto. Peu probable, mais pas impossible : la cagnotte du Loto peut être remise en jeu jusqu’à 34 fois.
Le 18 septembre 2026, la règle peut se déclencher une deuxième fois
Le prochain candidat est identifié. Le Super Loto Mission Patrimoine du vendredi 18 septembre 2026 est précédé d’une série de tirages Loto classiques dédiés au patrimoine, programmés les 7, 9, 12, 14 et 16 septembre. Le dernier d’entre eux, celui du mercredi 16 septembre, sera le tirage de référence : si sa cagnotte affiche 12 millions d’euros et qu’elle n’est pas remportée, le Super Loto du 18 se jouera pour 18 millions d’euros.
Le scénario est exactement celui de 2025, à un an d’écart, et il se surveille tirage après tirage sur notre page prochain tirage du Loto. Une précision utile avant de sortir la calculette : la bonification gonfle le montant affiché, pas vos chances de le décrocher. Le rang 1 reste à 1 chance sur 19 068 840, tirage événement ou pas. Un jackpot plus visible attire même mécaniquement plus de grilles, donc davantage de risque de partage en cas de gain.

Vos questions sur le jackpot bonifié
Qu’est-ce que le jackpot bonifié du Loto ?
C’est une règle introduite par FDJ en septembre 2024. Quand la cagnotte courante du Loto arrive au niveau du jackpot minimum garanti d’un tirage événement, l’opérateur ajoute 5 millions d’euros au montant mis en jeu, en plus du report habituel d’un million. Un Super Loto passe alors de 13 à 18 millions d’euros, un Grand Loto de 20 à 25 millions.
À partir de quel montant la bonification se déclenche-t-elle ?
Le déclencheur se lit sur le tirage précédent, un million en dessous du plancher. Pour un Super Loto, il faut que le jackpot du tirage précédent atteigne 12 millions d’euros et ne soit pas remporté. Pour un Grand Loto, le seuil est de 19 millions d’euros. Dans les deux cas, le report d’un million amène ensuite la cagnotte pile au niveau du plancher garanti, et la bonification vient par-dessus.
Pourquoi FDJ parle-t-elle de 6 millions d’euros supplémentaires ?
Parce que l’opérateur additionne dans le même chiffre le report d’un million, qui aurait eu lieu de toute façon, et la bonification de 5 millions, qui elle est réellement offerte. Les deux lectures sont exactes, mais seuls 5 millions d’euros constituent un supplément lié au tirage événement.
La bonification s’applique-t-elle au Grand Loto de Noël ?
Oui, avec un seuil propre fixé à 19 millions d’euros sur le tirage précédent. Le cas ne s’est encore jamais produit : les éditions de Noël 2024 et 2025, comme le Grand Loto des Vacances de juillet 2025 et celui de l’été 2026, sont toutes parties de leur plancher de 20 millions d’euros.
Combien de fois la règle s’est-elle appliquée depuis 2024 ?
Une seule fois à notre connaissance, lors du Super Loto Mission Patrimoine du vendredi 19 septembre 2025. Les cinq autres Super Loto disputés depuis juin 2025 et les trois Grand Loto de la même période se sont tous joués au montant plancher, faute d’une cagnotte suffisamment élevée la veille du tirage.
Le jackpot bonifié améliore-t-il mes chances de gagner ?
Non. La probabilité de décrocher le rang 1 reste de 1 sur 19 068 840, quel que soit le montant affiché. La bonification augmente la somme en jeu, pas la mécanique du tirage. Elle a même un effet indirect à connaître : un jackpot plus élevé attire davantage de grilles, ce qui accroît la probabilité qu’un éventuel gain soit partagé entre plusieurs gagnants.
Les jackpots simplement boostés sont-ils concernés ?
Non. Les tirages à jackpot revalorisé comme celui de Pâques ou de la Fête des Mères ne sont ni des Super Loto ni des Grand Loto : la grille reste à 2,20 euros, le nombre de codes gagnants reste à 10, et aucune clause de bonification n’y est attachée. Seule la dotation de départ est relevée.









